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08.05.15 - CPI/CÔTE D'IVOIRE - LE PROCÈS DE LAURENT GBAGBO ET SON ANCIEN MINISTRE BLÉ GOUDÉ DÉMARRE EN NOVEMBRE

Arusha, 08 mai 2015 (FH) – Le procès de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, poursuivis pour crimes contre l'humanité commis dans leur pays en 2010 et 2011, s'ouvrira le 10 novembre prochain devant la Cour pénale internationale (CPI), apprend-on vendredi.

L'audience du 10 novembre sera uniquement consacrée à l'audition des déclarations d'ouverture des parties, selon un communiqué de la Cour qui précise que le procureur commencera la présentation de ses éléments de preuve à une date ultérieure, en janvier 2016.
Toujours selon ce communiqué, le procureur s'est engagé à terminer au plus tard à la fin du mois prochain la divulgation des preuves qu'il entend produire à l'appui de ses accusations contre les deux hommes.
Cela donnera donc à la défense un délai de plus de quatre mois pour se préparer à l'ouverture du procès.
Laurent Gbagbo, ancien président de Côte d'Ivoire, a été remis à la CPI le 30 novembre 2011 et sa première comparution devant la chambre préliminaire a eu lieu le 5 décembre 2011.
Le 12 juin 2014, la Cour a confirmé, à la majorité, quatre charges de crimes contre l'humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre et persécution) à son encontre et l'a renvoyé pour jugement devant une chambre de première instance.
Pour sa part, Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo, se trouve entre les mains de la CPI depuis le 22 mars 2014.
Quatre charges de crimes contre l'humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre, et persécution) ont été confirmées à son encontre le 11 décembre 2014.
Dans les deux affaires, il s'agit de crimes perpétrés en Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 ou vers cette date.
Une jonction des deux affaires a été décidée par la Cour le 11 mars dernier à la demande du procureur, « afin d'assurer l'efficacité et la rapidité de la procédure ».
La Chambre a noté que les charges confirmées contre M. Gbagbo et M. Blé Goudé découlaient des mêmes allégations, à savoir des crimes qui auraient été commis au cours de quatre mêmes incidents, par les mêmes auteurs directs, qui ont ciblé les mêmes victimes parce qu'elles étaient perçues comme étant des partisans d'Alassane Ouattara, l'actuel président. La Chambre a également noté que, bien que leur participation et / ou contribution présumée à la conception et la mise en œuvre du projet ou objectif commun ne soient pas les mêmes, les conduites de M. Gbagbo et M. Blé Goudé, comme alléguées dans les décisions de confirmation des charges, étaient étroitement liées.
ER